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Deux ans après Rize où en est le Krump ?

Krump1 Le "Krump", la danse du ghetto de L.A., a été révélé au grand public par le film Rize du célèbre photographe David Lachapelle. Le Krump est une danse née dans les quartiers défavorisés de Los Angeles dans les années 90 et présentée comme un moyen d'évasion, loin de la violence et des gangs.

L'histoire du Krumping débute avec Thomas Johnson. Cet ex dealer afro-américain a une révélation à sa sortie de prison en devenant éducateur pour enfants à South Central « le quartier où sifflent les balles ». Déguisé en clown, tartiné de maquillage jusqu'au cou, arborant une énorme perruque afro aux couleurs de l'arc en ciel, il devient Tommy le clown, « le clown qui danse le hip hop ».

C 'est suite aux émeutes raciales survenues en 1992, que Tommy crée une danse complètement déjantée aux enchaînements frénétiques faisant de lui la star incontestée du ghetto. Les danses de Tommy passionnent les enfants et ados qui y voient une force positive et une façon de se protéger de la violence et de l'intégration d'un gang. Larry, plus vieux disciple de Tommy déclare "Watts (quartier chaud de L.A., ndlr), c'est la fosse aux lions. Si t'es un clown, on te fiche la paix » et la Nina « sans lui j'aurai mal tourné ».

Le coup de « rage » de Tommy a influencé des milliers de jeunes et il existerait aujourd'hui plus d'une cinquantaine de groupes de clowns dans tout le sud de la Californie. Ces groupes fonctionnent comme une grande famille recrutant des jeunes en perte de repères. Cette vague de mouvements et de gaîté a coloré le tableau sombre de la vie de ces « clowns ». La mère de Dragon (un « clown ») a été dans la drogue pendant 15 ans. Aujourd'hui, elle croit en Dieu et est fière de son fils. « La première fois que je l'ai vu danser, j'ai cru qu'il était drogué ! Puis j'ai compris qu'il retrouvait ses racines dans cette danse... et je m'y suis mise mais moi, je danse pour Jésus Christ ! »

Le krump est issu du clowning mais se révèle comme une forme de danse plus enragée née de la même frustration et de cette volonté de s'en sortir. Le krump évolue en permanence, et apparaît comme unique en son genre. David Lachapelle qui a photographié les plus grands noms du Hip Hop ira jusqu'à dire : « Le krump, c'est tellement différent de toutes les autres danses hip hop que l'on a connues jusqu'à présent. En voyant des danseurs krumper, j'ai eu le même choc que lorsqu'enfant à New-York j'ai vu du breaking pour la première fois ». Les Krumpers revendiquent un nouveau genre de danse, qui n'existe que par conviction et non par effet de mode, « on ne copie pas le hip hop commercial. Nous sommes une nouvelle génération avec des valeurs et une morale. On ne peut pas nous acheter », déclare un krumper. Le krump devient un mode d'expression à la fois pour combattre la violence et le phénomène du gang et de la lutte des classes dénonçant les académies de danse des quartiers riches, « le Krump c'est le ballet du ghetto »!

Le krump n'est certainement pas qu'une danse, c'est une vision plus moderne de cet art, un mode d'expression, une revendication et un mode de vie. Les battles (duels, défis) remplacent les combats entre gangs et ont lieu dans des stades pleins à craquer. Les battles sont comme des combats de rues, mais avec pour seules armes, les mouvements déchaînés de son corps. Ces bals de rues sont ouverts à tous, petits, grands, enfants, adultes et bien qu'ils apparaissent comme l'exclusivité de la communauté noire, voit apparaître sur scène de plus en plus de blanc. Les krumpers théâtralisent leurs danses à coup de costumes colorés, peintures sur le visage, qui rappellent les racines lointaines de ce mouvement, le tribalisme. Le parallèle entre les danses tribales d'Afrique noire et le krump est troublant : visages peints, corps dénudés qui s'entrechoquent violemment, affrontements gestuels, lois à respecter.

Le krump ouvre la voie du chemin vers la liberté, vers l'autonomie, l'estime de soi, c'est « la face cachée de nos vies, nos peurs et de nos angoisses » déclare Miss Prissy. Le krump c'est la danse des opprimés de ceux qui ont décidé de vivre, de ceux qui ont renoncé à la violence du ghetto, au sang, à la drogue. Le krump fait sauter les barrières, « quand on danse le krump, tout est possible, il n'y a pas de limites » affirme Dragon. Un mouvement en guise de quête de liberté auquel le film Rize n'aura fait que donner un écho mondial.


Hyphy VS. Krump (battle part. 1)
envoyé par snaap92i

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