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Olivennes, le SNEP et les lois

Snep1 Le SNEP a fait savoir par la voix de son DG Hervé Rony qu'il souhaiterait automatiser la riposte graduée (pour lutter contre le piratage). Rappellons que celle ci prévoit dans sa mise en pratique que n'importe quel ayant droit puisse attaquer sur la base de preuves amassées. Autrement dit sur la base d'adresses IP soupsconnées de piratage.

Le "traitement automatique" reviendrait donc à prendre la base d'adresses IP, et envoyer automatiquement un message aux personnes se cachant derrière, message qui prendrait la forme d'une suspension de l'abonnement internet voire d'une résiliation en cas de double récidive. Le souci est là. Les adresses IP sont entre les mains des FAI et théoriquement confidentielles. L'automatisation du traitement des "pirates" reviendrait à mettre en place un système qui obligerait les FAI à fournir au SNEP sur demande d'un ayant droit (SACEM, maison de disque ou artiste) le nom et l'adresse de la personne qui se cache derrière l'IP pirate. Il s'agit donc de la mise en place d'une "justice parrallèle" où des ayant droit se voient octroyés des droits indirects de punition sur les consommateurs soupsconnés de faute. La machine de guerre voulue par le gouvernement semble donc être partie pour ne pas s'arrêter en chemin avec tous les risques que celà comporte.

Dans le même temps la Cour Européenne de Justice a plutôt tranché en faveur d'un FAI refusant de livrer l'identité d'individus à un ayant droit possédant des adresses IP soupsconnées d'infraction au droit d'auteur. Le procès concernait Promusicae (éditeur espagnol) et Telefonica (FAI espagnole), le premier exigeant du second les noms de certains abonnés dont les adresses IP étaient mises en cause. Or la loi espagnole n'oblige les FAI à fournir les noms que dans le cadre d'enquêtes pénales, et dans les affaires liées à la sécurité publique ou à la défense nationale. La Cour européenne de Justice a donc été saisie afin d'arbitrer. Et elle a confirmé la loi espagnole en indiquant toutefois que chaque Etat membre de l'UE devra assurer un juste équilibre entre les diférents droits fondamentaux (droit d'auteur et respect de la vie privée en l'occurence).

Reste donc à savoir comment se passera en France la "collaboration" prévue entre FAI et ayants droit du point de vue du législateur.


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Voici les sites qui parlent de Olivennes, le SNEP et les lois:

Commentaires

fab

31 janv. 08 17:40:52

cette mission olivennes est scandaleuse. le danger est bien pointé en effet. il faut reagir.


cyril

31 janv. 08 20:34:44

Si les "ayant-droit" se concentraient sur la qualité de leurs produits et les attentes de leurs clients, les résultats seraient sans doute plus intéressant et créateur de valeur. Sinon, pourquoi pas imposer l'achat de 2 CD de musique "culturellement exceptionnelle" par mois?


Francois

1 févr. 08 00:25:14

C'est marrant mais je ne suis pas si inquiet que ça : les FAI ne délivrent les adresses IP de leurs clients que sur présentation de commission rogatoire en bonne et due forme. Tous les opérateurs doivent d'ailleurs disposer, réglementairement, d'un service de "prestations judiciaire" (pour les prestations de type voix, données et internet, d'ailleurs) à même d'être l'interlocuteur unique des forces de police et de justice. La jurisprudence sur ce point est pléthorique... au nombre des raisons qui justifient cet arsenal de protection, le fait d'une part que les FAI ne peuvent pas être tenus responsables des contenus transitant sur leurs réseaux et d'autre part le fait que les adresses IP sont assimilées à des données personnelles et donc, de ce fait, tombent sous la protection de la loi Informatique et Libertés... Bref, c'est pas demain la veille que les FAI donneront des adresses IP pour les beaux yeux d'untel ou untel...

Le rapport de la commission Oliviennes n'est qu'un couplet de plus dans le long chant du cygne de la musique gérée à la mode de Papa...


jacques

4 févr. 08 23:14:16

j'ai vu qu'il y avait eu 10 milliars de fichiers échangés cette année...si les artistes récupéraient 10 centimes ce serait 1 milliard d'euros en plus pour les musiciens et avec la pub sur ces plateformes je suis sûr que c jouable de récupérer cette somme...


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