«Les bons plans sorties de la semaine ! | Accueil | Worrisome Heart : Premier album de Melody Gardot »

Vers une joint-venture Myspace / majors

Myspace Myspace est inquiet. Le réseau social, pionnier de la musique du web 2.0 racheté a prix d'or (580 millions de dollars) en 2005 par News Corp., regarde la concurrence proliférer et développer de nouveaux modèles, alors que lui-même n'a pas évolué de manière significative depuis. Myspace n'est pas en décroissance, mais plutôt en stagnation. Il est temps pour le site d'adapter son offre, sous peine de voir ses concurrents le reléguer au rang de AOL de la musique en ligne.

L'offre de Myspace aujourd'hui, c'est du streaming limité à 6 titres par pages, plus quelques vidéos, photos et infos sur un artiste, tout ça rassemblé sur une page au mieux pas trop moche, au pire complètement illisible voire à vomir. Autant dire pas la panacée face aux offres concurrentes. Myspace veut combler son retard en passant à la musique illimitée. Et pour convaincre les majors de le suivre, le site aux 15 millions de visiteurs par mois compte jouer de sa valeur.

Habituellement, s'il veut convaincre les majors de le suivre, un site pariant sur la musique illimitée doit offrir un minimum garanti exorbitant plus une part des revenus pubs au prorata des parts de marché des différentes maisons de disques. Myspace lui, plutôt que de payer cash le catalogue, est entrain de créer une joint venture avec ces mêmes majors pour développer son nouveau Myspace Music. Sur le même principe que les revenus pubs, les majors détiendront des pourcentages proportionnels à leur parts de marché, dans une limite permettant à News Corp. de conserver plus de 50% de la nouvelle entité.

Le New York Post annonçait hier qu'un accord doit être annoncé dans les jours ou semaines qui viennent concernant SonyBMG et Warner. Universal et EMI sont un peu en retard, le leader du marché étant d'ailleurs toujours en procès avec Myspace.

Tout cela est plutôt une bonne nouvelle pour les maisons de disques qui ont enfin compris que si la musique ne se vend plus et qu'un site seul ne leur rapporte pas grand chose en soit, le développement d'accords de partage de revenus tous azimuts avec le maximum de sites musicaux pourrait au bout du compte représenter une manne importante. C'est un peu le modèle de la SACEM qui ne récupère que très peu d'argent sur une vente de CD, mais qui taxe toute utilisation de la musique (passages radio, clips, docu télé, cinéma, discothèques, concerts, soirées, sites internet... etc, au bout du compte ça fait un joli pactole !)

Mais cet accord ne va-t-il pas avoir un effet pervers pour Myspace ? En effet, le site a construit sa réputation sur les artistes indépendants et auto-produits plus que sur les catalogues majors (le site revendique environ 5 millions de pages musiques). Myspace est avant tout vu comme un moyen de faire connaître son groupe hors des circuits traditionnels. Hors, si Myspace s'associe aux majors, le site mettra en avant les artistes majors, réduisant fortement le potentiel de visibilité des petits groupes. Attention donc à ne pas éveiller la gronde de ceux qui ont fait son succès. A vouloir calquer son modèle à la mode de l'époque, Myspace risquerait d'y sacrifier sa principale force.

A lire également :
EMI veut rejoindre l'offre Nokia "Comes with Music"
Apple fait un pas vers la musique illimitée
Limewire se légalise ?
iTunes vs Amazon : la course est lancée


TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/403099/27431614

Voici les sites qui parlent de Vers une joint-venture Myspace / majors:

Commentaires

Poster un commentaire