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Main Square Festival à Arras

Arras2 Pour sa quatrième édition le festival d'Arras a rassemblé ce weekend 64.000 personnes sur la Grand'Place de la capitale de l'Artois. Ils étaient 15.000 le premier soir (électro avec les Chemical Brothers, Justice, Underworld, 2 Many DJ's et Boys Noize), 22.000 le suivant (Mika, The Kooks, BB Brunes, Panic at the Disco, The Hoosiers et Digitalism) et 27.000 pour finir dimanche (Radiohead, Sigur Ros, The Do, The Wombats et Vampire Weekend).

Une organisation entrepreneuriale européenne

Pour sa première édition en 2004, la programmation du festival affichait seulement deux groupes : Placebo et Gomm. Cette année, Main Square est le seul festival français à s'être attaché les services de Radiohead, groupe le plus demandé du moment, et se positionne comme un festival européen, à l'instar du festival voisin de Werchter (Belgique). Cette ascension fulgurante est d'ailleurs indissociable du partenariat mis en place avec le festival belge. Indissociable également d'une organisation entrepreneuriale, qui va à l'encontre de l'esprit associatif des festivals traditionnels et fait grincer les dents de certains concurrents.

France Leduc, organisatrice de Main Square, travaille main dans la main avec l'organisateur de Werchter, Herman Schueremans. Sur les seize groupes présents ce weekend à Arras, pas moins de onze l'étaient également à Werchter (le festival ce tenait se weekend également). Sans cette relation étroite, il aurait été impossible de faire venir des groupes aussi "chers" que Radiohead ou les Chemical Brothers : la proximité (lieux et dates) des deux festivals permet des économies d'échelle évidentes.

Derrière le Rock Werchter, on retrouve la société Live Nation. Le géant américain du spectacle rachète depuis deux ans tourneurs, salles de concert et même contrats d'artiste dans le monde entier (Madonna a quitté Warner pour leur confier l'ensemble de sa carrière, albums et tournées). Live Nation, également tourneur de Radiohead, a déjà investi dans la société d'Herman Schuermans et s'apprête à faire de même avec France Leduc Productions. Pour les deux sociétés cela représente des moyens financiers décuplés et un "pool" d'artistes et de groupes présageant des affiches futures garnies de gros noms de la scène internationale.

Un festival de ville

Les particularités de l'organisation mises de côté, l'originalité de Main Square est qu'il se déroule (comme son nom l'indique) en pleine ville. Sur la magnifique Grand'Place d'Arras, seize groupes se sont succédés sur une unique scène, quand dans le même temps les Eurockéennes de Belfort affichaient 70 concerts répartis sur cinq scènes. On oublie la sieste en plein champ entre deux groupes, les errements d'une scène à l'autre à la recherche de l'ambiance adéquate. L'absence de choix est compensée par une affiche sans point faible et pour ce qui est de l'herbe, on se contente de pavés qui ont au moins l'avantage de ne pas se transformer en boue à la première goutte de pluie.

Le principal avantage de cette formule c'est qu'on a pu assister à de vrais concerts. Le show de Radiohead n'avait d'ailleurs rien à envier à ceux de Bercy : deux heures de concert et les décors, light et video shows habituels de la tournée. Même chose pour les Chemical Brothers et leur light show psychédélique. Alors oui il n'y avait qu'une scène, mais elle était incroyablement modulable et les principaux artistes ne se sont pas privés pour faire d'elle "leur" scène.


Pour finir, citons quelques groupes qui ont retenu mon attention (Radiohead mis à part) : les Chemical Brothers pour leur jeu de lumière, les Kooks qui ont réussi à mettre le feu sous une pluie battante et Mika qui emballe 20.000 personnes aussi facilement qu'il compose des tubes à la chaîne.

Entre weekend dans les champs ou en centre ville, profusion de groupes et stars triées sur le volet, oganisation associative et multinationale américaine, Belfort et Arras présentaient durant trois jours deux manières radicalement différentes de concevoir un festival. Mais ce n'était pas les seuls. Le même weekend, les Solidays, festival caritatif, se déroulait à Paris, Terre Neuvas en Bretagne, ou encore Calvi on the Rocks en Corse. Une boulimie de festivals qui devrait malheureusement laisser certains acteurs sur le carreau...

Photo : Thomas Willemsen. Certains droits réservés


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Commentaires

Jean-François Detout

9 juil 2008 15:15:03

Salut, j'ai beaucoup apprécié ton article, j'y fais référence dans mon blog : http://jfdetout.blogspot.com/2008/07/le-main-square-festival-la-claque.html

Bonne continuation.


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